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Cet outil destiné aux dirigeants des entreprises et des collectivités passe en revue 20 critères pour évaluer l'autonomie technologique, économique et juridique.
Le développement de l’IA générative et du quantique risque d’accroître encore davantage notre dépendance aux technologies américaines. Pour tenter de renverser la tendance, un Indice de Résilience Numérique (IRN) a été lancé ce lundi 26 janvier lors des premières Rencontres de la souveraineté numérique à Bercy. Le site est accessible à l'adresse thedigitalresilience.org.
Annoncé cet été aux Rencontres d’Aix, cet outil se présente comme une véritable « boussole » pour gagner en autonomie, puisqu’il va permettre d’établir un diagnostic de résilience à l’échelle d’une entreprise ou d’une collectivité. Et donner ainsi des clefs pour agir aux dirigeants.
Un outil à vocation internationale
« La souveraineté est un sujet macroéconomique. Cet indice est un instrument microéconomique qui s’intéresse à chaque entreprise. Il va évaluer leurs systèmes critiques et sera donc différent d’un acteur à l’autre par rapport à son coeur de marché », expliquent Yann Lechelle, CEO de Probabl et cofondateur de l’indice avec David Djaïz, dirigeant du cabinet Ascent Partners, et Arno Pons, délégué général du Think Tank Digital New Deal.
Le trio a également précisé que l'outil avait vocation à devenir international et intéressait déjà d'autres pays dans le monde. C'est la raison pour laquelle il va passer d'une structure en association loi 1901 à une AISBL (Association internationale sans but lucratif).
Après six mois de travail et une trentaine d’ateliers avec une dizaine d’entreprises publiques et privées comme RTE ou Ouest-France, l’IRN avait été largement dévoilé au mois de décembre dernier. On savait donc déjà qu’il offrirait deux options. La première étant d’établir un autodiagnostic sans demander à être labellisé. La seconde d’entrer dans un processus payant de labellisation avec un accompagnement et un contrôle de l’ADRI (Association for Digital Resilience Initiative), l’organisme chargé de gouverner et faire évoluer l’indice.
20 critères notés avec de la pondération
« Nous nous sommes inspirés du label environnemental B corp pour établir 20 critères essentiels, détaille David Djaïz. Nous vérifions si l’entreprise est résiliente ou pas pour chaque critère avec une pondération. Si la résilience est documentée, on attribue 1 point, si des moyens ont été positionnés, 3 points, si la résilience est prouvée avec des tests avec des résultats, vous avez 5 points, etc ». Le tout pour un total maximal de 100 points. Et si vous dépassez un certain nombre de points, vous êtes considérés globalement comme résilient. La grille d’évaluation est accessible librement sur Gitlab.
Pour chaque actif numérique, il faut caractériser l’interopérabilité de la solution, la localisation géographique des données, la capacité à opérer les services critiques en autonomie, la diversification des fournisseurs, le pouvoir de négociation contractuelle ou encore la dépendance à la supply-chain extraterritoriale, par exemple. En espérant que ces diagnostics soient ensuite suivis d’actions concrètes. « On ne transforme que ce que l'on regarde en face », a rappelé la ministre déléguée au Numérique et à l'Intelligence Artificielle Anne Le Hénanff en préambule, cet après-midi, à Bercy.
Source : latribune.fr
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Pour une stratégie industrielle efficace
Les organisations syndicales, membres du collège des salariés de l'industrie au sein du CNI, partagent le constat d’une situation critique pour l’industrie européenne, et plus encore pour l’industrie française.
Cette situation n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix politiques et économiques opérés depuis plus de vingt ans.
Les politiques industrielles ont trop souvent privilégié une logique de financiarisation de court terme, fondée sur la compétitivité par le coût du travail, la compression de l’emploi, la dérégulation sociale et environnementale, et la distribution massive d’aides publiques sans pilotage stratégique ni contreparties suffisantes.
Cette orientation n’a ni relancé l’investissement productif, ni sécurisé les parcours professionnels, ni renforcé durablement notre appareil industriel.
Les conséquences sont aujourd’hui visibles :
• Des délocalisations massives, y compris au sein de l’Union européenne, alimentées par une mise en concurrence destructrice des travailleurs, des territoires et des systèmes sociaux (dumping social, fiscal et réglementaire, notamment environnementale) ;
• Une concurrence intra-européenne exacerbée, liée à l’inégale capacité des États à soutenir leurs industries ;
• Une désindustrialisation persistante, malgré des milliards d’euros d’aides publiques ;
• Un affaiblissement de filières stratégiques – chimie, automobile, métallurgie, industries de transformation – faute de vision de long terme, de coordination territoriale et de sécurisation des chaînes de valeur, fragilisant notre souveraineté industrielle et nous rendant dépendants de décisions prises hors de nos territoires.
Il est temps de tourner la page de ces politiques inefficaces et de bâtir une stratégie fondée sur l’investissement productif, la qualité de l’emploi, la formation tout au long de la vie, une juste rémunération du travail et une transition écologique juste.
Cette inaction ne peut plus durer, d’autant que le contexte économique mondial est marqué par une intensification de la concurrence pour l’accès aux ressources industrielles stratégiques, aux technologies clés et aux capacités de production.
Dans ce contexte de recomposition des équilibres économiques et industriels,
L’Europe et la France ne peuvent rester en retrait : sans maîtrise de leurs approvisionnements critiques, elles perdent leur capacité à produire, à planifier et à maintenir des emplois industriels. La souveraineté industrielle n’est pas un slogan : c’est une condition essentielle de notre sécurité économique, énergétique et technologique.
Lors du comité exécutif du Conseil National de l’Industrie du 15 décembre, le gouvernement a appelé les organisations syndicales à soutenir le renforcement des outils européens de défense commerciale, aujourd’hui trop lents et trop complexes.
Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), qui vise à appliquer aux importations les règles du marché carbone en vigueur en Europe depuis plus de vingt ans, constitue une avancée nécessaire.
De même, l’Industrial Accelerator Act (IAA), en instaurant une préférence européenne, peut encourager les investissements et la production sur notre continent.
Cependant, ces outils, aussi indispensables soient-ils, ne sauraient suffire à eux seuls. Ils ne répondent pas à la réalité des délocalisations organisées à l’intérieur même de l’Union européenne par de grands groupes, au détriment de l’emploi, du dialogue social et de la cohésion des territoires.
C’est pourquoi il est impératif de compléter les dispositifs européens par une politique industrielle nationale ambitieuse et cohérente.
Nous demandons notamment :
• Un plan national d’investissements industriels ciblé sur les filières stratégiques d’avenir et au service de nos besoins (chimie durable, énergie, mobilité, numérique), créateur d’emplois pérennes et qualifiés ;
• Des contreparties sociales et environnementales effectives pour toute aide publique, assorties d’un suivi transparent et de mécanismes de sanction en cas de non-respect, tel qu’un avis conforme des CSE
• Une action industrielle territoriale forte et coordonnée, pilotée avec les acteurs locaux et les organisations syndicales, à travers la création de conseils régionaux de l’industrie chargés de mettre en oeuvre les réponses concrètes sur le terrain ;
• Un soutien massif à la recherche, à l’innovation et à la formation, afin d’anticiper les mutations industrielles, sécuriser les parcours professionnels et valoriser les compétences des salariés.
Le Conseil National de l’Industrie doit devenir un véritable outil de pilotage stratégique et d’action.
Les organisations syndicales ne peuvent plus être cantonnées à un rôle consultatif formel. L’industrie de demain doit être compétitive, innovante, mais aussi respectueuse de la personne humaine, des territoires et de l’environnement.
Nous demandons une réforme ambitieuse du CNI garantissant :
• Une prise en compte réelle des propositions issues du terrain et du dialogue social ;
• Une transparence accrue dans les décisions et leur mise en oeuvre ;
• Une évaluation rigoureuse et partagée de l’efficacité des politiques industrielles ;
• Le maintien, le développement et la qualité de l’emploi industriel sur le territoire national.
Le 21 janvier 2026
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La transformation des pratiques managériales, les attentes vis-à-vis des managers et l'attractivité de la fonction ont fait l'objet de nombreux débats depuis la crise sanitaire.
Les cadres se déclarent pourtant satisfaits de leur relation avec le management de proximité. Cependant, la fonction managériale attire moins les cadres, en particulier ceux de moins de 35 ans. Ce recul s'explique par une complexification des attentes liées au rôle de manager, ainsi que des conditions de travail plus difficiles.
Source : corporate.apec.fr
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La CFE-CGC Chimie signe l’accord sur les salaires minimums de branche 2026 : +1,2 % au 1er janvier
Dans un contexte économique particulièrement difficile pour le secteur de la chimie en 2025 et qui va le rester en 2026, la CFE-CGC a négocié et signé l’accord de branche prévoyant une revalorisation de 1,2 % de la grille des salaires minimums au 1er janvier 2026.
Au troisième round des négociations, la délégation patronale a proposé cette revalorisation de 1,2% (très proche de la revendication à 1,3% de notre délégation) en intégrant la ligne rouge de la CFE-CGC : la hausse identique en pourcentage des rémunérations mini de la grille des salaires de la chimie. Cela permet, tout en gardant le salaire du premier coefficient de la grille au-dessus du SMIC, de maintenir les écarts salariaux qui valorisent les différences de qualifications au sein des métiers de la branche. Cela permet aussi de conserver l’attractivité nécessaire de tous ses métiers, et de contribuer à résoudre les difficultés de recrutement de certains, comme ceux du management.
« Cet accord envoie un signal fort aux employeurs qui n'ont pas encore conclu leur NAO et fixe cette valeur comme un plancher pour la revalorisation des salaires réels. Il est essentiel de préserver l’attractivité des métiers de la chimie et d’appliquer à minima, cette hausse de 1,2 % », souligne la CFE-CGC Chimie.
Cette mesure vise à compenser la prévision d’inflation pour 2026.
Pour mémoire, en 2025, les salaires minimums avaient été augmentés de 1,6 %, alors que l’inflation finale mesurée par l’INSEE en France pour cette période s’est établie autour de 0,9%.
Cet accord s’applique car il a été signé par des organisations syndicales qui totalisent plus de 50 % de la représentativité du secteur chimie.
Retrouvez ici le communiqué de presse en PDF
Vincent DUBRULLE,
Délégué CFE-CGC branche chimie
vincent.dubrulle@cfecgc-chimie.org
Tel : 06 08 37 42 92
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Budget et conjoncture économique, conférence travail, emploi et retraites, négociation assurance chômage, transparence salariale, élections fonction publique… Président de la CFE-CGC, François Hommeril passe en revue les grands dossiers 2026.
À l’attaque de cette nouvelle année, que peut-on souhaiter à la CFE-CGC et à ses militants alors que s’ouvre un nouveau cycle d’élections professionnelles dans les entreprises ?
Je souhaite avant tout à nos militants une bonne santé et du bonheur avec ceux qui leur sont chers. Sur le plan syndical, je leur souhaite une grande réussite dans leurs entreprises respectives. Entre les négociations annuelles obligatoires (NAO) et la préparation des élections, 2026 est chargée. Pour la CFE-CGC, il s’agit comme toujours de fournir les meilleures analyses, d’avoir les militants les mieux formés et les propositions les plus adaptées. Assurer à long terme la représentativité de l’organisation reste un défi permanent. C’est en ce but que nous avons triplé, ces dernières années, nos efforts en matière de formation syndicale. Nous continuons d’outiller nos militants et nos sections syndicales sur le terrain, au service des salariés. C’est notre priorité.
"La suppression de la limitation à 3 mandats des élus CSE est la preuve que l’on peut agir et ouvrir des brèches"
Comme stipulé par l’accord national interprofessionnel de 2024 signé entre partenaires sociaux sur l'évolution du dialogue social, le législateur a mis fin (loi du 24 octobre 2025) à la limitation à 3 mandats successifs pour les élus du comité social et économique (CSE). En quoi était-ce fondamental ?
C’est assurément une victoire dont il faut attribuer le mérite à un front syndical uni mais aussi à la CFE-CGC qui a initié et porté cette proposition entre partenaires sociaux. Cela montre qu’il est possible de revenir sur les régressions qui avaient été imposées par les ordonnances Macron, lesquelles ont objectivement fait très mal au dialogue social et à la représentation syndicale. Cette suppression constitue la preuve que l’on peut agir, ouvrir des brèches et qu’il n’y a pas de fatalité. Au-delà de ce succès symbolique, cela répond à une forte demande pratico-pratique de nos syndicats et sections. Dans certaines entreprises, où le cycle d’élections intervient tous les 2, 3 ou 4 ans, cette limitation de mandats forçait à constamment trouver et former des candidats volontaires pour effectuer un travail syndical très prenant, toujours plus exigeant et impactant les carrières professionnelles.
Le budget 2026 est encore en délibération au Parlement. Les débats sont-ils à la hauteur des enjeux ?
Absolument pas. Il est à déplorer que les parlementaires et les gouvernements successifs ont tendance à s’intéresser exclusivement à la réduction des coûts et des dépenses, une obsession amplifiée par la multitude de cabinets de consultants qui inondent les ministères. On ne peut pas s’occuper que de ça ! Pour la CFE-CGC, il convient de tirer l’économie vers le haut, de remettre à plat les politiques d’intervention économique, d’investir davantage dans la recherche. Il faut une vision, des projets stratégiques et des investissements dans des secteurs clés (industrie, énergie, intelligence artificielle…) pour redonner son rang économique au pays. Et non pas en faisant sans cesse des calculs de « gribouille » pour chasser des euros ici et là avec comme conséquence d’appauvrir les Français.
J’insiste par ailleurs sur la nécessaire conditionnalité des aides publiques accordées aux entreprises. Le fait que le monde politique ne s’interroge pas sur l’efficacité tangible de ce transfert d’argent public vers le monde économique est symptomatique.
Les faillites d’entreprises ont atteint un niveau record en 2025 (68 500), la fermeture de sites industriels se poursuit (Brandt, Novasco, Teisseire…). Faut-il s’inquiéter de la situation économique et des impacts sur l’emploi ?
Évidemment. Je suis très sensibilisé à cette question, ayant vécu cette situation comme salarié pendant près de 30 ans chez Pechiney, une entreprise qui, comme tant d’autres, s’est retrouvée à la barre d’un tribunal, faute de vision stratégique de certains dirigeants. Beaucoup d’entreprises se contentent de consommer l’argent public pour faire tourner la machine. Les petites entreprises sont également en souffrance, mettant en lumière la mise sous pression de la chaîne de sous-traitance entre les grandes entreprises qui donnent les ordres et les petites qui les exécutent.
"Améliorer le taux d’emploi des jeunes et de seniors"
Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 a, lui, été publié au Journal officiel. Que penser de la suspension de la réforme Borne des retraites, l’âge minimal de départ à la retraite restant fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’au 1er janvier 2028 ?
Tout a été dit et démontré concernant cette mauvaise réforme qui agit sur le plus mauvais des leviers, l’âge de départ à la retraite. Il faut désormais agir sur les taux d’emplois des jeunes et des seniors, pour lesquels la CFE-CGC porte de longue date des propositions. Il n’est pas normal que pour les moins de 30 ans et les plus de 55 ans, la France demeure un des plus mauvais élèves de l’OCDE en matière d’emploi. On ne peut pas plaider pour améliorer l’entrée dans la carrière professionnelle avec des phases d’apprentissage toujours plus longues et exigeantes et ne rien faire pour améliorer la transition entre la fin de carrière et la retraite. Ces fins de carrière sont un angle mort des politiques de l’État : il faut travailler à encourager les entreprises à embaucher des seniors expérimentés, à développer la retraite progressive, etc.
Comment concilier équilibre budgétaire et amélioration du système de protection sociale ?
Les politiques se font la course sur la thématique de la réduction les dépenses de santé. Je suis opposé à ce discours. En France, les dépenses de santé sont inférieures à des pays comme l’Allemagne ou les États-Unis. Nous sommes trop souvent dirigés par des comptables qui ne font qu’équilibrer les budgets et s’attacher au contrôle des dépenses plutôt qu’aux soins de santé eux-mêmes. Il convient de mieux financer l’Assurance-maladie. Nous sommes prêts à ouvrir le débat sur le financement socialisé, mutualisé, des dépenses de santé. Sinon on ouvre grand la porte aux financements privés et, de fait, à une prise en charge à deux vitesses de la maladie entre ceux qui auront les moyens de se soigner et les autres.
"Nous abordons cette conférence travail, emploi et retraites avec beaucoup d’ambition"
Initiée par le gouvernement Lecornu, la conférence travail, emploi et retraites, avec des travaux prévus jusqu’à l’été 2026, doit permettre de poser, sans obligation de résultats, un diagnostic partagé sur les grands enjeux du travail pour les secteur privé et public. Qu’en attend la CFE-CGC ?
Après une période assez aride en la matière, nous donnons crédit au gouvernement et au ministre du Travail de tenir leur promesse en lançant ces travaux associant les partenaires sociaux. Ce format, qui ouvre des espaces, est intéressant. Nous abordons donc cette conférence avec beaucoup d’ambition. C’est important d’être à la hauteur quand bien même personne ne peut deviner ce qu’il en sortira. Comme toujours, la CFE-CGC fera valoir ses propositions et sa capacité à éclairer les débats, à objectiver les dossiers et à convoquer les expertises sur ces sujets fondamentaux.
Les organisations syndicales et patronales représentatives ont débuté le 7 janvier une négociation sur l’assurance chômage (contrats courts, 400 millions d’euros d’économies demandés par le gouvernement) et les ruptures conventionnelles. Quels sont les enjeux ?
Comme souvent en pareil cas, les discussions vont en bonne partie dépendre de la capacité de la partie patronale à négocier avec loyauté. S’agissant des contrats courts, la CFE-CGC explique depuis des années que si on veut en réguler les usages, il faut augmenter les cotisations chômage des employeurs - actuellement fixées à 4 % et exonérées - à due proportion de la durée des contrats courts. L’Unédic, gérée par les partenaires sociaux, est équilibrée. Ce qui contribue au déficit du régime, ce sont les charges que l’État fait peser : contrats courts, indemnisation des frontaliers, intermittents du spectacle et financement de France Travail.
Concernant les ruptures conventionnelles, la partie patronale vient dire qu’il y a des salariés qui veulent démissionner et qui négocient une rupture conventionnelle puis s’inscrivent à France Travail. En quoi est-ce un problème ? Ce sont les employeurs qui voulaient ce dispositif permettant à un salarié de rompre un CDI à l’amiable et de toucher des allocations chômage, et à l’employeur de se séparer d’un collaborateur sans engager une lourde procédure de licenciement. Depuis son instauration en 2008, le dispositif a évité de nombreux contentieux prud'homaux. Mais la partie patronale n’en a jamais assez, arguant que la rupture conventionnelle serait parfois une démission cachée. C’est leur problème. Pour la CFE-CGC, il faut discuter des impacts générés dont l’instabilité - plus prononcée chez les jeunes diplômés - découlant d’un attachement moindre à l’entreprise. Ce qui n’est pas forcément bon sur le plan économique, et les causes doivent être analysées en profondeur, bien au-delà des effets d’un dispositif de départ de l’entreprise.
Les partenaires sociaux sont concertés dans le cadre de la transposition, avant juin 2026 en France, de la directive européenne sur la transparence des salaires. Les entreprises sont-elles prêtes à une révolution culturelle ?
Un de mes plus anciens souvenirs de syndicaliste, c’est une négociation salariale difficile chez Pechiney. Nous sollicitons une réunion bilatérale avec la direction pour faire avancer les choses et avoir une négociation loyale, faute de quoi nous demanderons une enquête sur les salaires dans l’entreprise. J’ai vu la direction générale se crisper immédiatement. Cette histoire a plus de 30 ans mais elle dit tout de la sensibilité des enjeux quand l’employeur, seul, connait l’ensemble des grilles salariales en vigueur dans l’entreprise. Le sujet va être sensible dans les services RH. Les élus du personnel et nos militants syndicaux vont être sollicités pour travailler ces problématiques et les enjeux afférents : défense des salariés, compétitivité, mobilité professionnelle, évolutions de carrières, classification des postes, etc.
Les négociations salariales battent leur plein en entreprise. Quelles sont les revendications de la CFE-CGC ?
Là encore, nos sections syndicales sont largement mobilisées pour mener ces NAO et améliorer le partage de la valeur en faveur des salariés, d’autant plus dans les entreprises où sont chaque année battus des records de versements de dividendes aux actionnaires et/ou de rachats d’actions. Nous sommes aussi particulièrement vigilants quant aux mesures salariales discriminatoires qui peuvent s’appliquer contre les salariés de l’encadrement (techniciens, agents de maîtrise, cadres) et qui sont inacceptables.
"Mobilisé jusqu’au dernier jour de mon mandat"
Les élections professionnelles dans les trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière) se tiendront en décembre 2026. Comment se prépare la CFE-CGC ?
C’est une échéance très importante pour laquelle nos structures sont pleinement mobilisées : la confédération ; la fédération CFE-CGC des services publics et les syndicats qui la constituent ; et nos équipes territoriales. Le premier défi est de constituer des listes avec des candidats et des candidates partout où cela est possible. La marque CFE-CGC est compétitive. Nous sommes dans une dynamique de développement et chaque agent de la fonction publique mérite d’être représenté par des militants CFE-CGC dans son univers professionnel.
Après dix années à la présidence de la CFE-CGC, vous passerez la main en juin prochain lors du 39e congrès qui sera organisé à Strasbourg. Quel est votre état d’esprit ?
Je m’y prépare mais ma motivation est intacte ! Les défis sont encore nombreux et je serai bien entendu mobilisé jusqu’au dernier jour de mon mandat. Au-delà de la dimension personnelle, je suis fier de présider une organisation conquérante, reconnue, et qui a progressé lors des trois derniers cycles électoraux de la représentativité syndicale. Le congrès sera un temps fort et les débats sont un signe de vitalité démocratique au sein d’une organisation. Indépendamment des personnes qui la dirigent, la CFE-CGC est et sera toujours capable de se tracer un destin ambitieux et d’obtenir des résultats à la hauteur de l’engagement et de l’implication de tous ses militants.
Source : Confédération CFE-CGC