CHIMIE

Depuis octobre 2017 un front syndical composé de la CGT, FO et CFE-CGC se refuse d’aborder les différents sujets de négociation sans avoir clairement délimité le contour des dispositions collectives conventionnelles opposables et dérogatoires dans les entreprises.

En effet les ordonnances Macron ouvrent la possibilité de déroger aux dispositions collectives sur des thèmes majeurs (salaires, primes, ancienneté ….) À la seule condition de disposer d’un accord d’entreprise signé par au moins 50% des représentants des salariés. Cette porte ouverte au chantage à l’emploi n’est pas acceptable, accepter des accords mieux disant que les minima conventionnels ce n’est pas un problème mais permettre aux employeurs de faire disparaitre la prime d’ancienneté pour les agents de maîtrise et les techniciens ou les primes d’astreinte, de nuit et autres primes ce n’est pas possible…

Huit mois après que les Organisations Syndicales de la Branche Chimie FO, CFE-CGC et FNIC-CGT aient déposé un projet d’accord sécurisant la structure salariale, l’UIC et les Fédérations patronales associées ont enfin ouvert une porte lors de la réunion paritaire du 30 mai 2018.


La persévérance des 3 Organisations Syndicales de salariés a donc permis, d’obtenir un projet d’accord de la chambre patronale, sur l’obligation faite aux entreprises de la Branche Chimie, ou au moins aux adhérents des Organisations Patronales à défaut d’extension, de prévoir lors de leurs négociations relatives aux dispositions salariales, des garanties ne pouvant être inférieures à celles de la Convention Collective.
L’affirmation dans le préambule du projet d’accord de l’attachement et au respect des garanties instituées par la Convention Collective, dans ses dispositions relatives aux salaires minima, ainsi qu’au calcul des primes conventionnelles, va dans le sens de la demande des Organisations Syndicales FO, FNIC-CGT et CFE-CGC de la Chimie.


Les Organisations Syndicales de la Chimie CFE-CGC, FO et FNIC-CGT ont pris acte de l’avancée dans la négociation. Pour autant, une définition claire de la structure du salaire minimum hiérarchique n’est toujours pas actée.
Une nouvelle réunion est programmée, le 28 juin 2018, pour relecture du projet en fonction des amendements au texte, qui seront transmis à la chambre patronale entre-temps.

 

 

 

Le 15 février 2018, s’est tenue la première séance de négociation de l’année sur la structure salariale.

Les organisations syndicales de la branche FNIC-CGT, CFE-CGC et FO ont rappelé leurs revendications d’intégrer dans la structure du salaire minimum hiérarchique, le salaire minimum de branche ainsi que les primes conventionnelles calculées à partir du coefficient et de la valeur de point, soit la prime d’ancienneté et les primes liées aux postes et conditions de travail.

Une nouvelle fois, la chambre patronale a bloqué le dialogue en refusant d’entrer dans cette négociation. Par contre, elle a proposé de mettre en place une rémunération annuelle minimale garantie (RMAG) pour les salariés, qui ne tiendraient compte que des primes liées au rythme de travail, en parallèle d’une RMAG pour les autres salariés.

Contrairement à ce qu’écrit l’UIC dans son dernier Flash Social, ce ne sont pas plusieurs organisations syndicales qui ont demandé la formalisation de la proposition, mais uniquement la CFDT.

Au contraire, les 3 organisations syndicales CFE-CGC, FNIC-CGT et FO ont rappelé leur opposition à cette proposition, déjà présentée à plusieurs reprises par les fédérations patronales et toujours rejetée.

C’est fait. Après 3 années de négociation pour rédiger une convention moderne et attractive, l’UIC balaye d’un revers de la main le fondement même de l’existence de la branche en avouant en plénière le 15 mars ne plus vouloir être le garant de minima sur les primes et l'ancienneté.

Elle accepte que les entreprises dérogent aux accords de notre convention collective nationale des industries chimiques (CCNIC) qui doit rester le socle minimum pour tous les salariés de la Chimie.

Comment accepter la mise en place d'une concurrence déloyale entre les entreprises ?

Cet aveu était attendu depuis octobre 2017, l'intersyndicale CFE-CGC, FO et CGT craignant cette prise de position politique de la part de l'UIC. Malheureusement, des entreprises ont déjà commencé à dénoncer l'application de l'ancienneté pour les nouveaux embauchés. Les enjeux pour ces jeunes travailleurs, ou nouveaux arrivants dans la chimie sont de plusieurs centaines d'euros par mois à terme.

Comment attirer les talents dans ces conditions ?

Les accords de branche doivent rester attractifs pour que les salariés viennent contribuer au développement de nos métiers qui se portent bien.

Si la CFE-CGC reste attachée au compromis lors des négociations, elle refuse la compromission et réitère sa demande d'un retour à la table de vraies négociations.

Depuis trois mois, les chambres patronales avaient bloqué les négociations avec les trois organisations syndicales dans la branche Chimie, en refusant à trois reprises, d’entrer en négociation sur la structure du salaire minimum hiérarchique de la Convention Collective.

Les trois organisations syndicales avaient déposé un projet d’accord en octobre 2017, qu’elles soumettaient à la négociation.

Lors de la réunion paritaire du 18 janvier 2018, l’UIC et les fédérations associées ont accepté que ce point soit le premier à l’ordre du jour des négociations pour cette année.

Ce premier pas fait par les chambres patronales est une avancée sur la forme pour la négociation à venir qui se tiendra le 15 février, mais, sur le fond, les représentants des employeurs ont déjà averti que leurs positions étaient très éloignées de la demande des organisations syndicales.

La CFDT s’est exprimée favorablement pour cette décision en précisant que, pour elle, la prime d’ancienneté pouvait ne pas être intégrée à la structure du salaire minimum hiérarchique. Ce à quoi les délégations syndicales CFE-CGC / FO et CGT sont opposées.

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